Vendredi 19 avril 2013, place Saint François, à Nice, vers 10 heures. C’est à la limite de la vieille ville, bordure bruyante de boulevards en travaux ; je flâne devant la vitrine alléchante d’une boutique d’ustensiles de cuisine, très intéressé par de petites moules à tarte carrés à fond amovible. Objets rares, j’ai équipé mon appareil photo-téléphonique pour en prendre note quand j’entends derrière moi, très près, un cri : IIIIiiii ZOP. Ça m’effraie ; je prends tout de même la photographie qu’on voit ici. Après son hurlement, l’homme se tait et file le long du boulevard ; il est petit, noir, très agité (gestes saccadés des bras) et file à petits pas raides.
LE CINOQUE HURLEUR DE L’AVENUE DE FLANDRE
Lundi 25 mars 2013, vers deux heures, place de la bataille de Stalingrad, au débouché de l’avenue de Flandre (Paris XIXe arrondissement) : vacarme de métro et de voitures très nombreuses. Je perçois malgré tout des hurlements, des cris incessants, à pleine gorge ; ça vient de l’autre côté de la place, sous la travée du métro aérien, mais pas moyen de distinguer ce que hurle cette voix. Puis ça traverse la place, et vient vers moi : c’est un jeune type, barbu, plutôt blond, parka, demi-chauve, jean ; il avance au mépris du trafic et coupe les files de voitures. Hurlements derechef, sans cesse, incompréhensibles. Ça fait mal pour lui, combien de temps va-t-il pouvoir continuer comme ça, à hurler à pleins poumons, bouche très grande ouverte, menton en avant. Je ne comprends toujours pas ; il remonte l’avenue de Flandre.







